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Congrès SAES Rennes – Atelier 10, A.R.T.S : Histoire des arts, pays anglophones

Chers et chères Collègues,

Comme chaque année, l’atelier de la société A.R.T.S (Société française d’études des arts visuels des pays anglophones) accueillera vos communications portant sur les arts du Moyen-Âge à nos jours, à l’occasion du 62ème Congrès de la SAES 2023 (du 1er au 3 juin 2023).

Toutes les formes de média artistiques pourront être étudiées, en se concentrant plus particulièrement sur la thématique retenue pour le Congrès : « Transmission(s) ».

Nous vous invitons à partir du texte de cadrage du Congrès de Rennes (notamment ce qui concerne le rôle des institutions culturelles, https://congres2023.saesfrance.org/textes-de-cadrage/), et à vous laisser inspirer par nos propositions et nos pistes de recherche :

·       La transmission d’un médium artistique à un autre : par exemple le passage du dessin à la gravure, mais aussi de l’aquarelle à la peinture, ou encore du tableau au jardin. L’aquarelle de paysage développée, aux Pays-Bas au XVIIème siècle, trouva un essor particulier au XVIIIème siècle en Angleterre. A la même époque se développa en Grande-Bretagne une école nationale de la gravure de traduction qui permit de transmettre plus largement les thèmes de l’aquarelle et de la peinture. On a souvent parlé d’arts frères pour la peinture et le jardin mais qu’en est-il vraiment des transferts ? On pourra ainsi s’attacher à comprendre l’évolution d’un médium artistique à un autre, les facteurs de cette contamination, ainsi que la porosité entre les différents arts visuels.

·       La transmission de formes artistiques par les artistes, par le biais de déplacements, d’exils ou de leur apprentissage académique, offrira des sources de réflexion variées. Par exemple, la vogue des miniatures anglaises, à partir de l’époque Tudor et jusqu’au XIXème siècle, attira de nombreux miniaturistes étrangers et permit les premiers développements de l’art du portrait en Angleterre. A contrario, la peinture de paysage anglaise s’inspire d’abord du XVIIème hollandais, français et italien ; elle trouvera ensuite son essor au début du XIXème siècle au travers de Constable, Turner ou Bonington. En retour et par échos, elle inspirera en France, de nombreux peintres intéressés par leurs recherches sur la lumière et la couleur, de l’école de Barbizon aux Impressionnistes.

·       La notion de transmission pourra aussi être étudiée d’un point de vue plus théorique : la théorie des « schèmes visuels », développée par Ernst Hans Gombrich dans Art & Illusion, nous éclaire par exemple sur l’apprentissage iconographique de l’artiste et son héritage visuel. Elle nous montre qu’afin de produire de nouvelles œuvres l’artiste se fonde impérativement sur des précédents de l’histoire des arts plutôt que sur sa propre imagination. Les participant.e.s de l’atelier pourront ainsi interroger le vaste champ de la transmission des sources iconographiques, toutes époques ou médiums artistiques confondus, sans oublier l’accroissement de celle-ci par l’avènement de pratiques artistiques multiples, comme la photographie ou le numérique.

·       A contrario, on n’oubliera pas la capacité des arts moderne et contemporain à remettre en              question la transmission des normes artistiques, par exemple en accentuant les déséquilibres, les écarts ou décalages avec les motifs traditionnels. Ainsi, on pourra s’intéresser aux ruptures avec la transmission historique, allant jusqu’au besoin d’éradiquer les figures traditionnelles dans l’art, comme nous l’a récemment montré à Bristol le déboulonnage de la statue de Colston. En termes de transmission, on pourra alors s’interroger sur la portée mondiale de ces opérations de réinterprétation critique de personnages qui avaient préalablement fait consensus, ainsi que sur leurs conséquences dans l’espace public.

·        En termes de diffusion artistique, la transmission éditoriale, médiatique ou audio-visuelle des arts pourra également être questionnée. La vogue des recueils de gravures de la fin du XVIIIème siècle permit de faire connaître les œuvres et les monuments antiques du Grand Tour. Plus tard, ce fut aussi autour d’un recueil de gravure italien de Carlo Lasinio que les Préraphaélites se réunirent et se formèrent, inspirés par les écrits de Ruskin. Aujourd’hui, la tradition anglophone des beaux-livres plurilingues en co-éditions permet encore, en plus du numérique, la transmission mondialisée et relativement accessible d’un patrimoine visuel. Avec le centenaire de la BBC on pourra également s’intéresser à ses émissions artistiques grand public qui ont fait date, comme Civilisation, la série documentaire de Kenneth Clarke. L’accessibilité encore plus grande des productions numériques serait aussi à étudier. On pourrait encore se pencher sur le monde anglophone de l’édition d’art, essentiel à la diffusion de l’histoire de l’art par le biais de catalogues d’exposition, d’ouvrages scientifiques, ou d’essais, qui sont des sources pérennes de transmission artistique.

·       Enfin, on pourra s’interroger sur la transmission que constitue l’œuvre elle-même : la tentation du critique d’attribuer une valeur didactique à tout travail artistique entretient le syndrome du « message » véhiculé par une œuvre. Comment appréhender et mieux mettre en valeur les différentes facettes de la transmission, en transcendant la seule fonction didactique pour mieux mettre en lumière les dispositifs par lesquels une œuvre communique jusqu’à nous.

L’atelier étant organisé sous forme de « table ronde », l’envoi préalable d’un PowerPoint avant le Congrès permettra d’organiser un temps d’échange plus important.

Merci d’envoyer vos propositions de communication d’une page maximum, en français ou/et en     anglais dès que possible aux adresses suivantes :

Anne Béchard-Léauté : anne.francoise.leaute@univ-st-etienne.fr

Laurent Châtel : laurent.chatel@univ-lille.fr

Co-responsables de l’Atelier 10, A.R.T.S, Congrès SAES, RENNES.

Au plaisir d’échanger très bientôt avec vous.

Bien cordialement,

Anne Béchard-Léauté et Laurent Châtel

Anne Béchard-Léauté ,

Maître de conférences

Université Jean Monnet,   Saint-Etienne, ECLLA UR

Études visuelles britanniques, XXe-XXIe siècles

&

Laurent Châtel

Professeur Université de Lille, CECILLE ULR4074

Histoire culturelle et études visuelles britanniques XVIIIe-XIXe siècles


OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
doctoratsaes (11 novembre 2022). Congrès SAES Rennes – Atelier 10, A.R.T.S : Histoire des arts, pays anglophones. Carnet des doctorant.e.s de la SAES. Consulté le 13 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/nvna


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